L’expérience de la route en corniche à l’île de la Réunion reste pour moi un souvenir impérissable de très grande ambiance de travail et d’images, tant par le milieu très spécifique des grands travaux et de vide omniprésent, que par la ténacité des cordistes qui s’investissent dans ce cadre de haute verticalité.

Les conditions de travail étaient très coriaces, les températures torrides et excessivement humides. Le tempérament et la nature même des cordistes ressemblait à cet environnement hors du commun. Il fallait une force de caractère et une technicité à toute épreuve pour pouvoir affronter ce travail de haute voltige dans les règles de l’art et de sécurité.

Les plus grandes entreprises étaient représentées pour un engagement unique et extrême de ce chantier qui devait durer plusieurs années.

L’objectif de mon devoir professionnel, était celui d’encadrer dans leurs missions et leurs évolutions, en parfaite sécurité et dans les meilleures conditions qui soient, des scientifiques de l’agence international « Biotope ». Ils se devaient d’étudier et de répertorier un milieu naturel rare et exceptionnel d’une falaise de bord de mer.

A cela s’ajoutait un mouvement incessant de trois hélicoptères qui œuvraient sur différentes zones ou s’activaient par dizaines des cordistes expérimentés.

La tâche était délicate, nous devions en toute discrétion faire parti d’un tableau en mouvement permanent, être en action aux normes et à la réglementation des cordistes, sans pour autant gêner leur travail. Au fil des mois une complicité s’installa, facilitant d’une manière incomparable les découvertes scientifiques.